Denstiste travaille mal et en + il se sauve !

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Denstiste travaille mal et en + il se sauve !

Messagepar Invité » ven. 3 nov. 2017 07:13

Les dents de l’amer pour deux sœurs

Nathalie et Sandrine, de Chauny, ont effectivement de quoi être amères. La faute à un dentier trop grand. Elles en veulent à leur dentiste. Explications.

dentier.jpg
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Elles n’en veulent pas au monde entier, juste à leur dentiste. La mésaventure de ces deux sœurs pourrait prêter à rire, mais ce n’est pas le cas. « De toute façon, avec ce qui nous arrive, on n’ose plus sourire », plaisantent-elles quand même.

Depuis six mois pour l’une et cinq mois pour l’autre, elles vivent un calvaire. « Le problème, c’est que notre appareil dentaire est trop grand. On ne peut pas le garder plus de dix minutes. Et malheureusement pour nous, notre dentiste ne veut plus rien faire. » Autant dire, sans mauvais jeu de mots, qu’elles ont une dent contre le praticien.

Six mois de galère


Pourtant, tout avait commencé normalement. « Nous avons subi à un mois d’intervalle une opération qui s’est bien déroulée. Le docteur qui exerce à Soissons a fait son travail », assurent Nathalie, 53 ans, et Sandrine, 50 ans. Le lendemain, « notre dentiste nous a pris nos empreintes alors qu’on avait encore nos fils, et les gencives boursouflées, s’étonnent-elles. Et deux semaines plus tard, il a refait la même chose. »

Huit jours après, leurs premiers soucis sont apparus en même temps que leur appareil dentaire. « Tout de suite, on a senti que quelque chose n’allait pas, que c’était trop grand. On s’est dit que c’était une histoire d’habitude, mais ça ne s’est jamais arrangé. » À plusieurs reprises, elles ont consulté le praticien installé à Chauny, mais sans amélioration. « Il a bien essayé de raboter un peu ici ou là, mais c’est toujours pareil. »

« Je n’ose plus sortir, ni rire »

Résultat : elles sont sans appareil, et sans dents. « Au quotidien, ce n’est vraiment pas marrant. On ne peut plus manger, tout doit être mixé », déplore Nathalie. « Moi, je n’ose plus sortir de chez moi, ni sourire ; j’ai trop honte. Je suis tombée en dépression », indique Sandrine.

Ce qu’elles demandent, c’est la constitution d’un nouvel appareil. « Mais comme nous sommes à la CMU, il faut attendre un an. On va peut-être saisir l’ordre des dentistes pour faire avancer les choses. En tout cas, notre dentiste a encaissé les 1 300 euros que coûte chaque appareil qui ne nous sert à rien. » Elles sont d’autant plus remontées qu’elles ont appris son départ.

Le cabinet du praticien en question semble effectivement vide, et le numéro de téléphone n’est plus attribué.

http://www.aisnenouvelle.fr/49698/article/2017-10-29/les-dents-de-lamer-pour-deux-soeurs

Monsieur Hankey

Re: Denstiste travaille mal et en + il se sauve !

Messagepar Monsieur Hankey » ven. 3 nov. 2017 08:30

JUSTICE / Soupçonné d’avoir exercé illégalement la profession de prothésiste-dentaire entre 2011 et 2013, un praticien installé à Chorges est jugé aujourd'hui

Hautes-Alpes - Soupçonné d’avoir exercé illégalement la profession de prothésiste-dentaire pendant trois ans, de 2011 à 2013, un praticien installé sur la commune de Chorges est jugé ce jeudi 11 septembre devant le tribunal correctionnel de Gap. Michel Ben-Haïm, 69 ans, avait été condamné en octobre 2011 par la Cour d’Appel de Grenoble à six mois de prison avec sursis, pour pratique illégale de la profession de chirurgien-dentiste et pratiques commerciales trompeuses. En l’occurrence, la réalisation d'empreintes dentaires pour fabriquer des prothèses dentaires mobiles, alors que seuls les dentistes sont habilités pour ce genre de soin.

Le sexagénaire, qui est de nouveau poursuivi pour exercice illégal de la profession de chirurgien-dentiste en récidive, exercice d’activité professionnelle malgré l’interdiction judiciaire mais également pour abus de confiance avait défrayé la chronique en annonçant être candidat pour les Elections Présidentielles et les élections législatives de 2012.

BEN HAÏM

Re: Denstiste travaille mal et en + il se sauve !

Messagepar BEN HAÏM » ven. 3 nov. 2017 09:07

Mon pôvre dentiste t'a du retard ... c'est vieux .... cherche un peu t'auras du frais !!!
La différence avec le voyous de ta profession, c'est que je n'ai jamais eut de plaintes de clients, ni de la sécu .... 2 échecs en 35 ans de pratique ... des milliers de clients satisfaits ..... !!!
D'ailleurs je remercie les dentistes de Chorges et leurs complices du 05 qui m'ont fait condamner à une interdiction d'exercer à vie ( et voui braves gens ! ) sans eux je n'aurai pas eut tout ce temps pour continuer et terminer ma lutte .

Monsieur Hankey

Re: Denstiste travaille mal et en + il se sauve !

Messagepar Monsieur Hankey » ven. 3 nov. 2017 09:31

Le tribunal correctionnel de Villefranche a condamné, mardi, un prothésiste dentaire de Belleville à 10 000 euros d'amende, ainsi que son laboratoire à la même somme.

La corporation des chirurgiens-dentistes du Rhône l'a renvoyé devant le tribunal correctionnel par citation directe après une première condamnation en 2014.

Il lui est reproché " un exercice illégal de la profession de chirurgien-dentiste". Il a fait appel de cette décision.

Monsieur Hankey

Re: Denstiste travaille mal et en + il se sauve !

Messagepar Monsieur Hankey » ven. 3 nov. 2017 09:32

Le tribunal de Tours se penche ce jeudi sur le cas d'un prothésiste dentaire de Joué les Tours. Il est poursuivi pour exercice illégal de la profession de chirurgien dentiste. La justice lui reproche de poser lui même dans la bouche des patients les prothèses alors que c'est un acte médical.

C'est la quatrième fois qu'il com^parait en justice. Un prothésiste dentaire de Joué les Tours est poursuivi ce jeudi en récidive pour exercice illégal de la profession de chirurgien dentiste devant le tribunal correctionnel de Tours ce jour. Le parquet et le conseil départemental de l'ordre des dentistes lui reproche de faire lui même les interventions dans la bouche des patients, interventions réservées à la profession de dentiste et non à celle de prothésistes.

Mais ce prothésiste, Jöel Dubois, s'appuie sur d'autres législations en Europe. Il estime donc être dans son bon droit.

Condamné en première instance en 2010 à 8 mois de prison ferme, il écopera finalement en appel d'une amende de 8 000 euros et son pourvoi en cassation sera rejeté. Jöel Dubois se défend de poser lui même les prothèses. C'est donc un bras de fer qui est engagé entre l'ordre des dentistes et le prothésiste.

J'irai jusqu'à la Cour Européenne. Je gène les chirurgiens-dentistes. Ils pratiquent des tarifs qui sont énormes - Joêl Dubois

François Xavier Pelletier est l'avocat de l'ordre des dentistes qui a porté plainte à la suite de la décision du parquet de poursuivre Jöel Dubois pour exercice illégal de la profession. Pour lui, "Mr Dubois ne respecte pas les conditions légales et l'ordre joue son rôle en portant plainte au regard des textes".

Selon Maître Pelletier, trois victimes ont été entendues durant l'enquête préliminaire mais à ce jour elles n'ont pas porté plainte.

BEN HAÏM

Re: Denstiste travaille mal et en + il se sauve !

Messagepar BEN HAÏM » ven. 3 nov. 2017 09:40

C'est du réchauffé ducon .... faut sortir un peu ..... plus récent t'as le procès de Toulouse et celui de Belleville .... qui lui est en appel !!!
Une justice de classe au service de ton lobby nous condamne depuis 60 ans ..... ces condamnations sont nos légions d'honneurs !!

La grosse Bertha

Re: Denstiste travaille mal et en + il se sauve !

Messagepar La grosse Bertha » ven. 3 nov. 2017 10:33

BEN HAÏM a écrit : C'est du réchauffé ducon .... faut sortir un peu ..... plus récent t'as le procès de Toulouse et celui de Belleville .... qui lui est en appel !!!
Une justice de classe au service de ton lobby nous condamne depuis 60 ans ..... ces condamnations sont nos légions d'honneurs !!


Ben faut dire aussi à ce dentiste .... que jamais un illégal n'a jamais fuit .... que les témoignages de patients sont toujours en faveur des '' illégaux " ce qui ne perturbe pas la voyoucratie des procureurs et des juges .
Et puis que croit il ce dentiste ? Que ses interventions font fuir les consommateurs qui nous lisent ?
Il n'a qu'un seul but : défendre l'os de la prothèse ... bon appétit dentiste .

Monsieur Hankey

Re: Denstiste travaille mal et en + il se sauve !

Messagepar Monsieur Hankey » ven. 3 nov. 2017 11:03

Entre deux palmiers payés avec un chèque en bois, la colère d’un fournisseur est imprimée sur une vitre : « ICI UN ESCROC (car il n’y a pas d’autres termes) a pu réouvrir une énième entreprise et exercer ». Le bâtiment de Médical Santé, ZA du Bois-de-la-Chocque à Saint-Quentin, est comme brûlé au fer rouge, rappelant un temps où les condamnés portaient sur eux la marque de l’infamie.

Jeudi, dans des locaux vides ou presque de tout matériel, Nicolas et Maryse tiennent la barre d’un navire en perdition, dépourvu de capitaine depuis le 25 avril. Quand la secrétaire de 56 ans arrive à 8 h 30, ce lundi, une camionnette de gendarmerie est garée dans l’enceinte de l’entreprise. Martial Humbert, son gérant, s’apprête à partir avec les militaires. « Il a salué tout le monde et dit : «Je serai là cet après-midi». »

En guise de retour, c’est la gendarmerie qui appelle. Maryse décroche, son patron a été incarcéré à Laon. « On tombe sur les fesses », se remémore Nicolas, alors commercial dans la société depuis quelques semaines. Près de deux mois après l’ouverture, seuls les salaires de mars ont été payés. Aucun fournisseur ne l’aurait été, aucun loyer, pas plus que la caution, ni l’électricité, le gaz, Internet, les fleurs du hall d’entrée ou les gobelets en plastique pour le café. Tout avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices, le 1er mars.

Après deux ans de jachère, les anciens locaux de l’Institut régional d’enseignement technique supérieur étaient de nouveau investis par un projet ambitieux, le premier centre médical saint-quentinois spécialisé dans la prothèse dentaire. Sept emplois sont créés. Outre Nicolas, 38 ans, et Maryse, sont notamment embauchés une prothésiste, un aide-prothésiste et une assistante de direction. Une partie du rez-de-chaussée est même sous-louée, à un dentiste et à un assureur. « Le projet était super », résume la secrétaire, fidèle au poste, assise derrière l’accueil.

Un spécialiste du genre
Nicolas acquiesce, et développe. « C’était un bon patron. Il allait dans le sens des salariés, disait je vais payer la mutuelle, les frais de déplacements. Il était à l’écoute. » Tous tirent donc dans le même sens, assistant au mieux Martial Humbert, 53 ans. « On lui a ouvert pas mal de portes, indique celui qui est aussi délégué du personnel. Il ne connaissait pas grand monde à Saint-Quentin. » L’homme vient de Château-Thierry, où il est bien connu, sans doute trop, même.

En février 2015, ce patron était condamné à 2 ans de prison ferme et 217 000 € de dommages et intérêts par le tribunal de Soissons. Il était poursuivi pour la gestion frauduleuse de Laboratoire MH, sa société castelthéodoricienne, fermée début 2009. Absent de son procès, Martial Humbert était depuis recherché par la justice. Spécialiste du genre, il aurait reproduit ce même schéma à Fère-en-Tardenois et à Nanteuil-la-Fosse, toujours dans l’Aisne, avant de jeter son dévolu sur Saint-Quentin.

Depuis un mois, si leur patron déchu dort en prison, les salariés partagent un peu de son sort. Médical Santé voguant dans les limbes, tous y sont enchaînés. « On ne peut pas abandonner notre poste, sinon on est considéré comme démissionnaire. Et on ne peut pas non plus s’inscrire à Pôle emploi », se désole Maryse.

Après des semaines d’un combat qui les a vus frapper à toutes les portes, du maire de Saint-Quentin à Xavier Bertrand, en passant par le sous-préfet, Maryse, Nicolas et leurs compagnons d’infortune aperçoivent le bout du tunnel. Hier matin, le tribunal de commerce a acté la cessation de paiement de leur entreprise. Un liquidateur est nommé. D’ici un mois, les salaires seront payés, symbole d’une liberté retrouvée.

Monsieur Hankey

Re: Denstiste travaille mal et en + il se sauve !

Messagepar Monsieur Hankey » ven. 3 nov. 2017 11:08

Longtemps, la dernière audience au tribunal correctionnel ressemble à un inventaire à la Prévert. Concernant d’abord les condamnations antérieures, pour les mêmes faits d’exercice illégal de la profession de chirurgien-dentiste. Puis il est question de bouches, de dents, de prothèses, et même de vampires. Avec une question essentielle, soulevée par la plaidoirie de la défense, Me Aoudiani : Michel Ben Haïm peut-il, doit-il être condamné pour avoir pris les empreintes dentaires, en bouche, de quatre clients, en 2012 et 2013 ?

Le prévenu de 71 ans, dont le cabinet est basé à Chorges, ne nie pas les faits. « Vous ne contestez pas mais pour vous, ces actions ne dépendent pas de l’art dentaire », souligne la présidente du tribunal, Isabelle Defarge. Lui défend sa profession de denturologiste. Et souhaiterait qu’elle soit reconnue en France. « Je n’ai jamais pratiqué d’actes médicaux, je ne fais pas de soins dentaires. J’ai fait des duplicatas de prothèses, pris des empreintes pour des postiches, réparé ou ajusté des dentiers, résume-t-il à la barre. J’ai voulu rendre service à des gens. » Et la lecture des témoignages d’une quinzaine de clients est éloquente. Tous ou presque sont satisfaits du travail effectué.

« C’est la cinquième fois depuis 2007 que j’ai à plaider face à M. Ben Haïm, souligne Me Leclerc, qui représente le conseil départemental de l’ordre des chirurgiens-dentistes, partie civile dans ce dossier. On ne demande pas grand-chose, simplement que vous arrêtiez votre activité et de cracher sur les prothésistes dentaires et les chirurgiens-dentistes. On est dans un conflit qui met en jeu la santé des patients. » Il demande un euro symbolique en réparation.

Sandra Reymond, la représentante du ministère public, requiert six mois de prison ferme. « Il a été déjà été condamné et pourtant, il continue. C’est un militant, très bien, mais qu’il le fasse par des voies légales. » Michel Ben Haïm est aussi poursuivi pour “pratique commerciale trompeuse”, "escroquerie en bande organisée", "détournement de fonds publics", "tromperie sur personne handicapée", "attouchement sexuel sur mineure de 15ans", et “exécution d’un travail dissimulé”. « Vous avez fait paraître des petites annonces où vous vous présentez comme prothésiste dentaire, ce n’est pas le cas. Et aucune de vos interventions n’a jamais été déclarée », note-t-elle.

En défense, Me Aoudiani plaide la relaxe : « Il n’a jamais prétendu faire des soins dentaires alors qu’on ne parle pas de problèmes de santé publique. C’est un idéaliste et il dénonce un système. Il n’y a aucune loi qui dit que la prise d’empreintes dentaires correspond à l’exercice illégal de la profession de chirurgien-dentiste. » Jugement mis en délibéré au 22 janvier.

Monsieur Hankey

Re: Denstiste travaille mal et en + il se sauve !

Messagepar Monsieur Hankey » ven. 3 nov. 2017 13:07

Il y a 20 ans, deux fillettes disparaissaient à Grâce-Hollogne, en région liégeoise. Leurs corps sans vie seront retrouvés 14 mois plus tard. Face à une opinion publique plus remontée que jamais, l'affaire au retentissement inouï a révélé les nombreuses carences de l'appareil judiciaire.

Samedi 24 juin 1995, il y a 20 ans, deux fillettes disparaissaient à Grâce-Hollogne, en région liégeoise. Julie Lejeune et Mélissa Russo avaient huit ans. Leurs corps sans vie seront retrouvés 14 mois plus tard à Sars-la-Buissière, enterrés dans le jardin d'une maison appartenant à BenHaim.

Face à une opinion publique plus remontée que jamais, l'affaire au retentissement inouï a révélé les nombreuses carences de l'appareil judiciaire. On lui doit des réformes qui ont sensiblement changé l'organisation de la police et de la justice.

Benhaim a été condamné le 22 juin 2004 par la cour d'assises d'Arlon à la réclusion à perpétuité avec mise à disposition du gouvernement pendant 10 ans. Il a notamment été reconnu coupable de l'enlèvement, la séquestration et le viol de Julie et Mélissa, An Marchal, Eefje Lambrecks, Sabine Dardenne et Laëtitia Delhez ainsi que de l'assassinat des quatre premières et de Bernard Weinstein.

Sa femme, Michelle Martin, a écopé de trente ans de prison et son complice Michel Lelièvre de 25 ans. Michel Nihoul, un homme d'affaire bruxellois, s'en est sorti avec cinq ans de prison pour trafic de drogue et association de malfaiteurs. Le 26 octobre 2010, la chambre du conseil de Neufchâteau a refermé le dossier "bis", ouvert pour permettre notamment l'analyse de quelque 6.000 cheveux et autres traces retrouvés dans les maisons et véhicules du psychopathe. Ce dossier n'a pas permis d'identifier de nouveau suspect, enterrant la thèse d'un réseau pédophile.

Les suites du Procès du siècle

Si une page s'est tournée à la fin du "procès du siècle", plusieurs questions subsistent, notamment sur les sévices infligés à Julie et Mélissa alors qu'elles étaient enfermées dans la cache de Benhaim et sur la manière dont elles sont mortes. Tout au long de l'enquête, les parties civiles n'ont cessé de dénoncer les errements du système répressif belge, mobilisant la population. La contestation populaire a atteint son sommet le 20 octobre 1996, lorsque 300.000 personnes vêtues de blanc sont descendues dans les rues de Bruxelles pour réclamer une police et une justice plus efficaces. Cette Marche blanche reste le plus grand rassemblement de l'Histoire de la Belgique d'après-guerre.

A cette occasion, Jean-Luc Dehaene, alors Premier ministre, s'était engagé à prendre une série de mesures pour améliorer le fonctionnement de la justice et sanctionner sur le plan disciplinaire les personnes fautives. Il avait également promis la création d'un centre national pour enfants disparus, que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de Child Focus. Dans la foulée, une commission parlementaire a été mise en place.

Les auditions, retransmises en direct par les chaînes de télévision, ont connu un audimat "de pointe" de 700.000 téléspectateurs. Dans leurs conclusions, les députés ont confirmé des lacunes et des dysfonctionnements lors de l'enquête, principalement un manque de coordination et une concurrence malsaine entre les différents services de police. La commission, qui a exclu l'existence de protections, a aussi émis des recommandations quant à une nouvelle organisation judiciaire.

Il faudra toutefois attendre la brève mais interpellante évasion de Benhaim un an plus tard pour que des réformes aboutissent. L'événement a valu la démission des ministres de la Justice, Stefaan De Clerck, et de l'Intérieur, Johan Vande Lanotte.

Les réformes de la justice, conséquences de l'affaire

Les mois suivants, une police intégrée à deux niveaux (la police locale et la police fédérale) est organisée. Les polices communales et brigades de gendarmerie disparaissent. La Loi Franchimont modifie la procédure pénale pour prendre davantage en compte les victimes et mieux les informer. Celles-ci peuvent dorénavant demander des devoirs d'enquête complémentaires et être entendues lors d'une demande de libération conditionnelle.

En 1999, un Conseil supérieur de la justice est créé pour dépolitiser la magistrature. Un tribunal d'application des peines, chargé notamment d'examiner les demandes de libération, voit le jour en 2007. L'instauration d'une école de la magistrature, également envisagée, est en revanche passée à la trappe. Les sanctions disciplinaires promises n'ont quant à elles jamais été prises. Des procédures ont bien été entamées mais soit aucune faute n'était avérée, soit les faits étaient prescrits, soit les poursuites ont été considérées comme nulles pour violation des droits de la défense.

Dutroux, Lelièvre et Martin de la prison vers la libérté?

Vingt ans après l'enlèvement de Julie Lejeune et Mélissa Russo, Marc Dutroux, l'auteur principal des faits, est toujours derrière les barreaux. Condamné en 2004 à la réclusion à perpétuité avec mise à disposition du gouvernement pendant 10 ans, ses chances de sortie sont minces.

Michel Lelièvre, son complice, est lui aussi incarcéré mais a déjà bénéficié de sorties pénitentiaires. Il ne désespère pas de voir ses demandes de libération conditionnelle aboutir, à l'instar de Michelle Martin, l'ex-épouse de Marc Dutroux sortie de prison en 2012.

Michelle Martin a quitté la prison de Berkendael le 28 août 2012, après 16 ans d'enfermement et un arrêt de cour de cassation estimant conforme à la loi la décision du tribunal de l'application des peines (TAP) de la libérer sous conditions.

La condamnée a séjourné deux ans et demi au monastère des Clarisses à Malonne. Les soeurs devant déménager en juillet à Woluwe-Saint-Pierre, elle s'est ensuite installée, en avril dernier, dans la propriété floreffoise de Christian Panier, l'ancien président du tribunal de première instance de Namur. "J'ai la conviction que la réinsertion est ce qui fait la différence entre la justice de la vengeance et la justice de civilisation", avait alors expliqué celui-ci.

Michelle Martin suit actuellement des cours de droit à Namur.

En 2004, elle avait été condamnée par les assises d'Arlon à 30 ans de prison pour association de malfaiteurs impliquée dans les enlèvements et les séquestrations d'enfants, séquestrations, tortures et pour avoir participé au viol d'une jeune Slovaque. Sa libération conditionnelle a suscité un tollé dans l'opinion publique. En réaction, le législateur a adopté en 2013 une loi qui durcit l'accès à la libération conditionnelle. Cette loi prévoit notamment qu'un condamné à 30 ans ou à perpétuité ne puisse plus introduire sa demande de libération qu'après 15 ans de réclusion, au lieu de 10 précédemment. La décision sur une demande introduite par un condamné à 30 ans ou plus doit en outre être adoptée à l'unanimité de cinq juges, et non plus à la majorité simple de trois juges.

Dans le cadre d'une demande de libération de Marc Dutroux, le TAP a demandé à la cour constitutionnelle notamment si la règle des cinq juges n'était pas contraire au principe de non-rétroactivité: cette règle s'applique à Marc Dutroux alors qu'il a été condamné avant l'entrée en vigueur de la loi. Le 28 janvier 2015, la cour constitutionnelle a répondu par la négative. Il s'agit d'une règle procédurale qui ne modifie pas la peine, a-t-elle justifié.

A noter que la prolongation des délais nécessaires pour pouvoir demander une libération conditionnelle, elle, ne s'applique qu'aux personnes condamnées après l'entrée en vigueur de la loi. En théorie, Marc Dutroux est donc libérable depuis le 30 avril 2013. En pratique cependant, ses demandes ont peu de chance d'aboutir. Ses perspectives de réinsertion sociale sont inexistantes, d'après le parquet.

En février 2013, le TAP a rejeté sa demande de port de bracelet électronique pour ce motif. Sa peine de prison à perpétuité est de plus assortie de 10 ans de mise à disposition du gouvernement (du TAP aujourd'hui). Cette peine complémentaire permet, le cas échéant, d'empêcher sa libération à l'échéance de sa peine principale.

Michel Lelièvre est lui aussi toujours incarcéré. Condamné à 25 ans de prison pour association de malfaiteurs, enlèvements et séquestrations d'enfants ainsi que pour trafic de drogue, il peut demander une libération conditionnelle depuis 2005, ce qu'il a fait à plusieurs reprises.

En juin 2013, le TAP de Bruxelles lui a accordé cinq permissions de sortie pénitentiaire en guise de préparation et de test à une éventuelle détention limitée. Il souhaitait suivre une formation en menuiserie mais l'association qui avait accepté de l'accueillir a finalement fait marche arrière en raison de la pression médiatique. Le TAP a donc rejeté sa demande de détention limitée pour absence de plan de réinsertion. "La médiatisation de mon client ne l'aide pas. Dans sa situation, mettre en place un plan de reclassement est très compliqué", admet son avocate Me Benjamine Bovy. Certains médias le présentent comme un violeur, alors qu'il n'a jamais violé d'enfant, pointe-t-elle aussi, "même s'il est conscient de l'horreur des faits qu'il a commis".

D'après son avocate, Michel Lelièvre espère autant qu'il appréhende le jour où il sortira de prison. "Il est détenu depuis près de 20 ans et il est conscient de ses faiblesses. C'est pourquoi il ne veut pas sortir à n'importe quel prix. Il veut mettre en place quelque chose de solide."

Michel Nihoul, enfin, est sorti de prison en 2006. Blanchi pour tous les faits liés aux enlèvements d'enfants, il avait écopé d'une peine de cinq ans d'emprisonnement pour trafic de drogue et association de malfaiteurs. Il a depuis fondé une ASBL d'aide aux justiciables et a publié un livre autobiographique intitulé Taisez-vous!


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